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Célébration du 8 mars : les femmes handicapées, éternelles oubliées de la fête

femmes handicapees 8 mars

La célébration de cette Journée du 8 mars, dédiée aux femmes du monde entier, est une occasion de faire la lumière sur les handicapées, une catégorie omise par les politiques publiques.

Pourtant, le Sénégal est dans la liste des Etats qui font partie de la convention relative aux Droits des personnes handicapées (CDPH) adoptée par les Nations Unies le 13 décembre 2006, et ratifiée par notre pays le 7 septembre 2010. Un tour devant les mosquées et les institutions bancaires de la place, nous a édifié sur la situation désastreuse de ces oubliées de la fête.

Elle est élancée, la soixantaine révolue. En guise d’habillement, elle porte un vieux wax rapiécé de partout, ses jambes sont enflées, l’une a même une plaie qu’elle a bien couverte avec un morceau de tissu insalubre. Elle marche en boitant péniblement. Dans la masse de femmes handicapées trouvée devant les mausolées de la mosquée de Médina Baye, elle n’est point singulière, au contraire, elle est une pièce identique aux autres, dans ce puzzle de malheur.

Êtes-vous au courant du 8 mars ? « Non, c’est quoi encore », répond-t-elle avec un sourire, avant de poursuivre : » Vous savez, je ne suis pas de Kaolack, j’habite au village de Keur Ma Ramata derrière Wack Ngounda, et puis nous sommes des handicapées, nous passons nos journées ici pour attendre les bienfaiteurs qui viennent nous donner l’aumône. Je viens juste comme ça de la maison, j’étais allée remettre aux enfants du pain pour leur petit-déjeuner, j’ai d’autres chats à fouetter.« , explique Fatou Thiam, choisie par ses paires pour parler à leur nom.

Malgré la fièvre des festivités du 8 mars, organisées par les femmes de tous les secteurs dans tous les recoins de la commune de Kaolack, et les belles tenues qu’elles arborent fièrement, Aissatou Diom, surnommée « la fée de la CBAO », n’a pas dérogé à son quotidien. Depuis les premières lueurs de l’aube, conduite devant l’institution financière qu’elle connaît comme les doigts de sa main, elle est bien assise sur sa chaise roulante et fait son travail, son unique gagne-pain, la manche.

« Le 8 mars 2015, une politicienne nous avait mobilisé avec mes amies, durant toute la journée, on nous a servi de beaux discours et une montagne de promesses, mais à la fin de la cérémonie même pour rentrer chez nous, on s’est cotisée. Depuis ce jour, on ne veut plus entendre parler de cette fête dédiée aux femmes. », témoigne cette brave dame veuve et mère de trois filles.

À la lumière de tous ces témoignages poignants, il urge pour les politiques et les institutions étatiques comme les mairies de repenser à leur manière de célébrer la femme. Tous les millions dépensés en tissus et animations folkloriques pouvaient servir à soulager ces masses oubliées du 8 mars.

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