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Alioune TINE répond au premier ministre

alioune tine

Le Premier ministre, Mahammad Dionne, a remis en cause le rapport d’Amnesty international, qui constatait un recul des libertés au Sénégal, et déclaré que l’Ong défendrait les homosexuels et les lesbiennes. Pour Alioune Tine, il s’agit d’une «régression». «Jamais je n’ai été attaqué au premier niveau par un Premier ministre sous le régime de Diouf, souligne le directeur d’Amnesty/Afrique de l’Ouest et du Centre dans un entretien avec Wal fadjri. Wade nous a toujours protégés.

Cela, il faut le dire. Lorsque les gens nous attaquaient, nous traitaient d’intégristes, Wade avait, lui, beaucoup de respect pour nous.» S’il reconnait que «Macky a également beaucoup de respect» pour son organisation, Alioune Tine soupçonne que, en revanche, «certains de ses collaborateurs n’aient pas une culture profonde des droits de l’homme». D’où sa suggestion : «Il est temps que, dans les écoles, on forme ceux qui prétendent diriger ce pays à avoir une culture d’État parce que, dès fois, on voit l’insuffisance de cette culture d’État.»

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Rapport 2016 : L’Armp pointe les abus du ministère de l’Intérieur

ablaye daouda diallo armp

Recours abusif au gré à gré, urgences injustifiées, indices de falsification de dates et de collusion coupable…, le rapport 2016 de l’Armp a épinglé la gestion des marchés publics au ministère de l’Intérieur. Abdoulaye Daouda Diallo, actuel ministre des Transports terrestres, dirigeait le département.

L’Autorité de régulation des marchés publics (Armp) a rendu publics ses rapports d’audit de l’année 2016. Parmi les structures passées au scanner, figure le ministère de l’Intérieur. Qui a été épinglé pour plusieurs manquements.

«Les acquisitions du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique faites au cours de l’exercice sous revue sont marquées par une forte proportion de marchés dévolus au moyen de procédures dérogatoires (ententes directes et appels d’offres restreints), renseigne l’Armp dès les premières lignes de son rapport 2016. L’urgence est quasiment toujours invoquée à l’appui des requêtes aux fins d’obtention des avis de non-objection pour passer lesdits marchés, alors qu’en réalité c’est plutôt le défaut de planification, imputable à l’Autorité contractante, qui en est la cause principale.»

Paradoxe : la plupart des marchés du ministère de l’Intérieur sont «soit exécutés par anticipation», en violation de l’article 44 du Code des obligations de l’administration ou se sont déroulés sur des périodes anormalement longues qui confirment que l’urgence invoquée en amont s’avère en définitive injustifiée.

Soupçons de tripatouillages

Mais, les enquêteurs ont surtout épinglé le ministère de l’Intérieur, dirigé par Abdoulaye Daouda Diallo durant la période considérée, pour l’organisation des dernières législatives.

Ils disent : «Les dates d’établissement de plusieurs documents de marché ont été altérées et modifiées pour mettre de la cohérence dans le déroulement des différentes étapes de la passation et de l’exécution des marchés, notamment pour masquer l’exécution anticipée de certaines prestations qui donnent lieu, par la suite, à la conclusion de marchés de régularisation en violation des dispositions de l’article 44 du Code des obligations de l’administration.»

Et pour étayer la thèse du tripatouillage des dates, les enquêteurs révèlent que les travaux de réhabilitation et d’aménagement de quatre salles d’exploitation et d’archivage et de 50 centres d’instruction de Carte nationale d’identité, ont été réceptionnés le 20 décembre 2016 pour un marché notifié le 19 décembre 2016. Ce, soulignent-ils, alors que lesdits travaux ont en principe une durée d’exécution de 30 jours à compter de la notification. «Manifestement, soupçonne l’Armp, le procès-verbal de réception technique ne traduit pas la réalité de l’exécution.»

Indices de collusion entre soumissionnaires

En outre, plusieurs marchés ont présenté des signes de collusion, dont celui portant sélection d’un prestataire pour la fourniture et l’installation d’un laboratoire de langues attribuée à Saam Elite. «L’examen des lettres de soumission, des attestations de prise de connaissance de la charte de transparence et d’éthique en matière de marchés publics et des factures pro-forma, a permis de relever des indices de collusion entre les soumissionnaires», signalent les enquêteurs.

Exemple : le marché portant sélection d’un prestataire pour la désinfection, la dératisation et la désinsectisation des locaux de la Dpc, attribué à Madimex pour un montant de 14 millions 927 mille francs CFA. L’Armp relève dans l’attribution de ce marché «des indices de collusion entre les cinq soumissionnaires, en violation du principe de transparence».

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Célébration du 8 mars : les femmes handicapées, éternelles oubliées de la fête

femmes handicapees 8 mars

La célébration de cette Journée du 8 mars, dédiée aux femmes du monde entier, est une occasion de faire la lumière sur les handicapées, une catégorie omise par les politiques publiques.

Pourtant, le Sénégal est dans la liste des Etats qui font partie de la convention relative aux Droits des personnes handicapées (CDPH) adoptée par les Nations Unies le 13 décembre 2006, et ratifiée par notre pays le 7 septembre 2010. Un tour devant les mosquées et les institutions bancaires de la place, nous a édifié sur la situation désastreuse de ces oubliées de la fête.

Elle est élancée, la soixantaine révolue. En guise d’habillement, elle porte un vieux wax rapiécé de partout, ses jambes sont enflées, l’une a même une plaie qu’elle a bien couverte avec un morceau de tissu insalubre. Elle marche en boitant péniblement. Dans la masse de femmes handicapées trouvée devant les mausolées de la mosquée de Médina Baye, elle n’est point singulière, au contraire, elle est une pièce identique aux autres, dans ce puzzle de malheur.

Êtes-vous au courant du 8 mars ? « Non, c’est quoi encore », répond-t-elle avec un sourire, avant de poursuivre : » Vous savez, je ne suis pas de Kaolack, j’habite au village de Keur Ma Ramata derrière Wack Ngounda, et puis nous sommes des handicapées, nous passons nos journées ici pour attendre les bienfaiteurs qui viennent nous donner l’aumône. Je viens juste comme ça de la maison, j’étais allée remettre aux enfants du pain pour leur petit-déjeuner, j’ai d’autres chats à fouetter.« , explique Fatou Thiam, choisie par ses paires pour parler à leur nom.

Malgré la fièvre des festivités du 8 mars, organisées par les femmes de tous les secteurs dans tous les recoins de la commune de Kaolack, et les belles tenues qu’elles arborent fièrement, Aissatou Diom, surnommée « la fée de la CBAO », n’a pas dérogé à son quotidien. Depuis les premières lueurs de l’aube, conduite devant l’institution financière qu’elle connaît comme les doigts de sa main, elle est bien assise sur sa chaise roulante et fait son travail, son unique gagne-pain, la manche.

« Le 8 mars 2015, une politicienne nous avait mobilisé avec mes amies, durant toute la journée, on nous a servi de beaux discours et une montagne de promesses, mais à la fin de la cérémonie même pour rentrer chez nous, on s’est cotisée. Depuis ce jour, on ne veut plus entendre parler de cette fête dédiée aux femmes. », témoigne cette brave dame veuve et mère de trois filles.

À la lumière de tous ces témoignages poignants, il urge pour les politiques et les institutions étatiques comme les mairies de repenser à leur manière de célébrer la femme. Tous les millions dépensés en tissus et animations folkloriques pouvaient servir à soulager ces masses oubliées du 8 mars.

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Le Dg de l’Armp solde des comptes

saer niang

Son mandat a expiré depuis plusieurs mois déjà. Mais Saër Niang, le directeur général de l’Autorité de régulation des marchés publics (Armp), est toujours en poste. Ce qui suscite moult interrogations. Ce jeudi, lors de la cérémonie de publication du rapport annuel de l’Armp, le principal concerné s’est expliqué sur la question. En soldant quelques comptes.

Ce que disent les textes

«Au niveau de l'Autorité de régulation des marchés publics (ARMP), les textes disent que les mandants du Conseil de régulation et du directeur général sont de trois ans. Et le texte dit que la fin du mandat des membres du Conseil est constatée à l'expiration du délai de trois ans. Parce que le Conseil de régulation est un organe de décision. Un organe de délibération prend des actes administratifs. Au terme de 3 ans, son mandat est échu et tous les actes pris peuvent être annulés. Par contre cette disposition n'existe pas dans le mandat du directeur général. Le décret ne le constate pas, le décret nomme le directeur général sans précision de date. Parce que le directeur général est un organe de gestion. La continuité du service doit être assurée jusqu’à la nomination d’un autre directeur général.

«L’Armp sera dissoute»

«Pourquoi l'État a différé la nomination d'un autre directeur général ou le départ de l'actuel directeur général à la fin de son deuxième mandat ? Parce qu'il y a des mutations organisationnelles qui ont été envisagées bien avant la fin du mandat. Le Président (de la République) avait saisi le Premier ministre en lui demandant aujourd'hui au constat de l'éparpillement des structures qui évoluent dans la commande publique, de les mutualiser et voir des organisations ensemble. Et passer d'une autorité de régulation des marchés publics vers une autorité de régulation de la commande publique où l’ensemble des modes contractuels sont regroupés. Ce qui permet de mutualiser les ressources financières, matérielles techniques, humaines, etc. Et ce travail a été finalisé et déposé au niveau des autorités. L'Armp sera dissoute. Donc cette phase transitoire-là, je pense, permettait d’éviter une instabilité au niveau de la structure. Et c’est peut-être cela qui a expliqué l’option de l'Etat de maintenir le directeur national en attendant de finaliser la réforme qui est aujourd’hui terminée.

«Je ne suis pas un carriériste »

«Ce n’est pas, comme je le vois de temps en temps, que le directeur général ne veut pas partir. Comment le directeur général peut refuser de partir ? Qu’on nomme mon successeur. Je ne suis pas un carriériste. Je ne suis pas quelqu’un qui cherche un emploi. J’ai suffisamment d’expertise pour être mon propre employeur moi-même. On dit beaucoup de choses et peu de choses sont vraies. Et chaque fois que beaucoup de gens parlent il y a toujours une raison derrière. Ils parlent sur la dictée d'autres personnes qui ont d'autres motivations. Et en général ça ne me dérange pas. L'essentiel est que je fais le travail jusqu'à ce que la nomination d'un successeur soit assuré, et le lendemain je passe service. Je ne considère pas être dans un troisième mandat.»

Youssouf SANÉ

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Seydi Gassama trés surpris de la réaction du premier ministre

seydi gassama amnesty

Réponse du berger à la bergère. Le président d'Amnesty Sénégal, Seydi Gassama, n'a pas attendu longtemps pour répondre au Premier ministre, Mahammad Dionne, qui a pointé "une certaine société civile de politiciens encagoulés" et pro-homo. Extraits.

"Dépénalisation de l'homosexualité"
"Ce sont des propos surprenants, à la limite irresponsables, de la part du premier ministre d'un régime qui connait la sensibilité de la question des homosexuels au Sénégal pour avoir été souvent accusé de vouloir leur accorder des droits. Le rapport annuel d'Amnesty International est basé sur des faits réels, documentés et analysés tout au long de l'année 2017. Il couvre plus de 150 pays et territoires. Le gouvernement du Sénégal est le seul au monde à se distinguer avec ce type de réaction qui n'honore pas notre pays. La diabolisation de la société civile, bien qu'elle ne soit pas nouvelle, est en train de prendre des proportions inquiétantes avec ce régime. Et il doit être prêt à en assumer toutes les conséquences en cas de dérives de la part de ses militants, qu'il excite volontairement contre la société civile, au lieu d'assumer en toute responsabilité les manquements à ses obligations de protéger les droits humains des sénégalais. La différence entre les acteurs de la société civile et les hommes politiques, c'est que les uns défendent des principes, les autres défendent des intérêts. Quand ils sont dans l'opposition, la société civile est fréquentable ; mais dès qu'ils arrivent au pouvoir, elle est pestiférée. Il faut que ça s'arrête.

"Amnesty Sénégal n'a jamais demandé…"
"Nous rappelons à l'État du Sénégal son obligation de protéger tous les Sénégalais contre la violence et la persécution. La violence d'État mais aussi la violence exercée par les communautés. Je ne connais pas un seul chef religieux qui cautionnerait le lynchage des homosexuels dans nos communautés, avec toutes les dérives que cela comporte. Ce que la société ne semble pas tolérer, ce sont les pratiques exhibitionnistes, la revendication de nouveaux droits tel que le mariage pour tous c'est-à-dire le mariage entre hommes, entre femmes, des parents de même sexe, etc. Amnesty International Sénégal n'a jamais demandé à l'État du Sénégal d'autoriser des gays pride ou d'autoriser le mariage pour tous. Nous ne sommes pas schizophrènes. Ce que nous rejetons, c'est l'immixtion dans la vie privée des gens, parfois sur la base de dénonciations infondées, pour les arrêter et les jeter en prison, ainsi que la violence contre des homosexuels réels ou présumés.

Recommandations
"Nous exhortons l'État du Sénégal à prendre les mesures qui s'imposent pour mettre fin aux violations des droits humains commises par ses propres agents, les membres des forces de défense et de sécurité notamment, et qui restent très nombreuses. Nous lui demandons de prendre des mesures pour améliorer la situation des détenus qui doivent vivre leur détention dans des conditions de dignité. Nous lui demandons de mettre fin à l'exploitation par la mendicité des enfants talibés en appliquant les lois en vigueur et en prenant des mesures à caractère budgétaire pour moderniser les daaras. Nous demandons un traitement égal de tous les citoyens par l'État et par la justice et cela passe par des réformes pour garantir l'indépendance de la justice qui est une aspiration forte des sénégalais.

Main tendue
"Si des efforts sont faits sur ces points, le rapport de l'année 2018 sera nettement moins critique et le Sénégal pourrait même au cours des prochaines années ne pas figurer dans les rapports d'Amnesty International, à l'instar des pays comme le Cap Vert et l'Ile Maurice. Nous sommes disposés à apporter notre contribution à ces efforts si on nous considère comme des partenaires."

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